lundi 19 janvier 2015

Arabie Saoudite : 1.000 coups de fouets et 10 ans de prison pour « insulte à l’islam »



Dimanche dernier, ce qui aurait du être une manifestation populaire s’est mué en une grand-messe de la Bien-pensance pendant laquelle la France avait l’obligation de s’identifier à sa nouvelle idole Charlie, de pleurer ses morts sans avoir le droit de nommer ses ennemis…

Massés bien loin du peuple venu défiler pour rendre hommage à des Français victimes du terrorisme islamiste, les « grands » de ce monde souriaient aux caméras, trop heureux de se racheter une popularité sur des cadavres encore chauds.

Aux côtés de tous les responsables français de la situation catastrophique dans laquelle nous sommes, leurs homologues européens… Mais pas seulement.

Erdogan, Netanyahou, le frère de l’émir du Qatar, un ministre saoudien… Les ennemis jurés de tout contre-pouvoir main dans la main pour défendre la « liberté d’expression »… De qui se moque-t-on ?

Passons sur les rôles respectifs plus ou moins discrets de tous ces pays dans la croissance dramatique de l’Etat Islamique au Moyen-Orient, et concentrons-nous sur la présence de l’Arabie Saoudite.

1.000 coups de fouet. C’est la peine promise au saoudien Raef Badawi pour avoir créé en 2006 un « réseau de discussions en ligne dont l’objectif est d’encourager les débats politiques, religieux et sociaux ». 

1.000 coups de fouet répartis sur 20 semaines, 50 chaque vendredi. Soit la mort assurée.

Vendredi dernier, la flagellation a d’ailleurs été reportée « pour raisons médicales ». Raef Badawi ne s’était pas encore remis des 50 premiers coups de fouet reçus devant une foule de musulmans rassemblés après la prière, devant l’une des mosquées de Jeddah.

Emprisonné en 2012, ce blogueur avait d’abord été condamné en juillet 2013 à sept ans de prison et 600 coups de fouet pour avoir « violé les valeurs islamiques et propagé des valeurs libérales ».

En mai 2014, il était définitivement condamné à dix ans de prison, une amende d’un million de riyals (quelque 227.000 euros) et 1.000 coups de fouets pour « insulte à l’islam », critique envers plusieurs dignitaires religieux, la police religieuse et certains édits islamiques.

La Cour d’appel de Riayd a confirmé cette peine à la fin de l’année 2014.
Condamné pour « insulte envers l’islam ».

L’homme a eu le malheur de ne pas se plier aux ambitions totalitaires de ce royaume islamiste. 

Comme Asia Bibi, injustement condamnée à mort au Pakistan pour « blasphème » après avoir osé demandé à des femmes musulmanes ce que Mahomet avait fait pour elle, Raef Badawi est hypocritement condamné à mort pour avoir posé des questions, et sans doute dénoncé des pratiques inhumaines.


Depuis 2012, des associations de défense des droits de l’Homme se battent pour sa libération.

Les États-Unis, plusieurs pays de l’UE, et cette dernière elle-même, ont condamné cette flagellation.

Silence assourdissant des gouvernants français.

L’Arabie Saoudite, comme d’autres pays, pratique légalement la sauvagerie hypocritement dénoncée quand elle est commise par l’Etat Islamique mais silence.

Depuis des décennies, notre richissime allié du Golfe décapite et fouette ses opposants, mais silence.

Le monde médiatico-politique, qui a honteusement récupéré cette manifestation populaire à Paris, et défilé sans complexe aux côtés de l’Arabie Saoudite pour défendre la « liberté d’expression » montre une fois de plus sa malfaisance complice des pires horreurs.  

Pourtant, il est encore temps de parler, et de sauver la vie de ce père de trois enfants.

Boulevard Voltaire

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