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| Photo: Justin Sullivan/Getty Images/Agence France-Presse Le projet de loi conservateur C-51 prévoit des pouvoirs accrus pour les agents de renseignement canadiens. |
Correspondante parlementaire à Ottawa
Le Devoir
Le Canada
reviendra-t-il à l’époque où les autorités policières volaient de la dynamite,
dérobaient la liste de membres du Parti québécois (PQ) et faisaient brûler des
granges ? Des spécialistes des lois antiterroristes commencent à le
croire, à la vue des nouveaux pouvoirs confiés aux espions canadiens dans le
projet de loi C-51.
« Ce qu’ils
font maintenant est plutôt scandaleux et épouvantable. Ils redonnent au Service
canadien du renseignement de sécurité [SCRS] un pouvoir que la Gendarmerie royale du Canada [GRC] a », lance
au téléphone Reg Whitaker. M. Whitaker, auteur du livre Secret
Service : Political Policing in Canada (2012), a collaboré à deux
commissions d’enquête sur des questions de sécurité nationale (Air India et
Maher Arar). « Cela va bien au-delà de ce dont on a besoin et cela
va presque certainement déboucher sur des scandales en bout de piste. » Des
scandales, dit-il, comme ceux des années 1970.
En 1981, la
commission McDonald publie son rapport sur « certaines activités
de la GRC et la connaissance qu’en avait le gouvernement ». Elle
confirme que la branche de renseignement de la GRC, le Service de sécurité, a
mené diverses activités illégales pour perturber les affaires de groupes jugés
menaçants, en particulier les séparatistes québécois. La GRC a rédigé de faux
communiqués de presse du FLQ. En 1972 et 1973, elle est entrée par
effraction dans les locaux de l’Agence de presse libre du Québec, du Mouvement
pour la défense des prisonniers politiques du Québec et de la Coopérative des
déménagements du 1er mai pour y dérober des caisses de documents. La
GRC a mis le feu à la grange Petit Québec libre pour y empêcher la tenue d’une
rencontre entre des souverainistes et des membres des Black Panthers américains.
Et elle a volé la liste de membres du PQ.
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