SYRIZA, censé sauver la Grèce de l’austérité, est en train de se fourvoyer. Le gouvernement dépend de la bonne volonté de ses partenaires de l’Union européenne. Cependant, ses « partenaires » ne sont pas vraiment de bonne volonté. Le gouvernement grec n’a pas compris que leur préoccupation est le résultat final ou, disons-le ainsi, le profit de ceux qui détiennent la dette grecque.
Le peuple grec est aussi éloigné des réalités que son gouvernement. La majorité des Grecs souhaite rester au sein de l’Union européenne, malgré la réduction de leurs retraites, leurs salaires, leurs services sociaux et leurs emplois. Pour eux, rester dans l’Europe vaudrait la chandelle, même s’ils sont mis à genoux.
Cette supposée « crise grecque » n’a aucun sens. Il est évident qu’avec son économie dévastée, la Grèce ne pourra rembourser cette dette, que Goldman Sachs a d’abord dissimulée pour ensuite capitaliser sur cette dernière, par le biais de délits d’initiés qui ont causé la crise.
Si la solvabilité des détenteurs de la dette grecque (le New York Hedge Fund, ainsi que les banques allemandes et néerlandaises) dépend du remboursement, la BCE suit l’exemple de la Federal Reserve, qui imprime des billets afin de sécuriser la dette. En effet, la BCE imprime 60 milliards d’euros par mois pour sauver le système financier européen. Pourquoi ne pas y inclure la Grèce ?
Les conservateurs estimeront qu’une telle action provoquerait l’inflation. Prenons l’exemple des États-Unis. Depuis 7 ans que la Fed fait fonctionner la planche à billets, il n’y a pas d’inflation. Faire marcher la planche à billets pour la Grèce provoquerait donc l’inflation, mais pas pour Goldman Sachs, la City Bank ou JPMorgan Chase ? Visiblement, l’Occident se moque de la Grèce. Le but est de la piller.
L’idée est que la Grèce obtienne de nouveaux emprunts, pour payer les emprunts existants, en échange de la vente de compagnies des eaux municipales aux investisseurs privés, ce qui signifie l’augmentation des tarifs pour le peuple grec… Comme vendre la loterie d’État à des investisseurs privés, ce qui provoquera inévitablement une chute des revenus pour le pays, qui rendra plus difficile le remboursement de la dette, outre la « privatisation » en vendant les îles grecques protégées à des développeurs immobiliers. De bonnes affaires pour tout le monde, sauf pour la Grèce.
Si le gouvernement grec avait un peu de bon sens, il ferait défaut. Ce qui délivrerait la Grèce de sa dette. Par quelques mots seulement, la Grèce pourrait passer d’un pays lourdement endetté à un pays sans dettes. Le pays serait alors en capacité d’émettre ses propres emprunts obligataires, et si des crédits extérieurs étaient nécessaires, il pourrait accepter les avances russes.
En effet, si les gouvernements russe et chinois avaient, eux aussi, un peu de bon sens, ils paieraient la Grèce pour faire défaut, afin qu’elle quitte l’Union européenne et l’OTAN. Ainsi, l’empire américain serait mis en difficulté et la menace de guerre face à la Russie et la Chine s’éloignerait. Pour les Russes et les Chinois, sauver la Grèce coûterait bien moins cher qu’une préparation à la guerre.
Sylvia Bourdon
Source: Boulevard Voltaire
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